Semaine du 6 mars 2011
Comme Maîtres Chez nous 21 le rappelait solennellement cette semaine, l’élection d’un député et d’un gouvernement n’est pas une carte blanche pour 5 ans. Avec les moyens de communication modernes, nos gouvernements élus n’ont plus aucune excuse de ne pas permettre à la population de discuter et de valider les décisions importantes qu’ils prennent. En d’autres mots, n’en déplaise aux élus qui préfèrent gouverner à huis-clos, la démocratie directe est devenue aussi impérative de nos jours que la démocratie de représentation.
Mais pour qu’elle puisse s’exercer équitablement, en donnant à tous des chances égales de se faire entendre, la démocratie directe doit être légalement encadrée et financièrement soutenue, sans attaches aux pieds.
Premièrement, nos instances décisionnelles, à tous les niveaux, doivent avoir le devoir légal de consulter et d’entendre la population. Pour y parvenir, des mécanismes de participation directe et de participation de la société civile doivent être établis : consultations publiques, initiatives populaires, élection du chef du gouvernement au suffrage universel, décentralisation, rappel des élus, référendum, conseils des organismes civils des différents secteurs d’activité, etc.
Mais deuxièmement, il faut aussi y mettre les moyens. De même qu’on subventionne les partis politiques pour éviter qu’ils soient contrôlés par ceux qui ont de l’argent, il faudra mettre des fonds importants pour permettre à la population et à la société civile de s’exprimer et de participer à armes égales, à tous les niveaux de décision : accès généralisé aux informations publiques, médias d’information populaires, conseillers citoyens, bourses citoyennes, formation à la vie démocratique, équipements, etc.
Et pour éviter que ce soutien ne devienne un bâillon ou un outil politique, un Conseil national de la vie démocratie, indépendant, nommé et doté d’un budget récurrent par l’Assemblée nationale, devrait avoir la responsabilité d’assurer le respect de la démocratie directe aussi bien que représentative et la répartition de fonds alloués pour faciliter son exercice. Toutes les instances politiques locales et régionales devraient être également dotées d’un tel conseil. Pas d’instances élus sans démocratie directe.
Et pourquoi les bureaux municipaux ne deviendraient-ils pas ces « maisons du peuple » où la vie démocratique pourrait s’alimenter et se développer sans crainte, devenant ainsi une sorte de « lieu d’asile » de la démocratie?
L’équipe de service de QuébecVote